Les femmes et la masturbation

Pourquoi et comment se masturber ?

Un tabou

Le sujet de la masturbation reste un tabou.

L'origine de la persécution de la masturbation, et de la sexualité en général, est qu'elle détourne l'homme (l'humain) de son élévation spirituelle en le ramenant constamment à des choses terre à terre, le sexe – plaisir charnel – étant, de fait, un acte typiquement charnel et donc opposé à l'élévation spirituelle.

C'est pourquoi la masturbation reste procrite dans la culture judéo-chrétienne et musulmane, mais qu'elle est si peu réprouvée dans le shintoïsme, puisque l'activité sexuelle élève vers les dieux au lieu de rabaisser vers la terre.

La persécution de la femme, plus particulièrement n'est pas à cause d'une crainte de l'homme qu'elle s'émancipe, mais qu'elle reste un objet de désir, provoquant la chute perpétuelle de l'homme sur le chemin de la spiritualité. C'est pourquoi on nie sa sexualité, on la cache, on la voile, on l'excise, on la sépare du contact charnel. Afin d'éviter toute tentation.

Depuis toujours, l'homme est conscient que le désir de la femme est important et que la combler pouvait être un frein à l'élévation.

Au-delà de la persécution de la femme, c'est l'homme qui est visé.

A des fins reproductrices, la religion ne peut pas interdire la sexualité tant qu'elle reste dans le cadre matrimonial. Cependant, lorsqu'elle dépasse ce cadre - c'est le cas de la masturbation - alors elle est réprouvée car elle est clairement une recherche du seul plaisir, sans aucun but de conception.

Avec le temps, cette répression s'est intégrée dans la culture, sous diverses formes (puritanisme, morale petit-bougeois, ...).

Le tabou de la masturbation féminine est venu s'ajouter à celui de la masturbation en général et c'est surtout accentué au XXème siècle, notamment avec les travaux de Freud.

Pourtant, malgré l'interdiction morale et la répression, la masturbation continue d'être pratiquée, chez l'homme comme chez la femme.

Les conséquences

Les conséquences de ce tabou sont nombreuses : un sentiment de honte pour le pratiquant; un silence de la part de la société qui n'arrange pas les choses; la recherche d'un responsable.

Il en résulte un certain nombre de frustrations.

Les limites du sexe matrimonial

Le silence qui plane sur la masturbation ne semble pas un problème en soi en changeant le raisonnement : Si la masturbation est interdite, il suffit de passer par une sexualité matrimoniale. Et ça, ça doit bien marcher, puisque c'est le processus naturel en place depuis que la sexualité existe.

C'est à la fois vrai et faux. Vrai car la reproduction est massivement automatisée dans le cerveau et que c'est censé fonctionner tout seul. Mais faux parce que nous avons ajouté par-dessus la morale petit-bourgeois qui vient fausser les bonnes habitudes. Et c'est ce supplément qui vient tout compliquer. Faux aussi parce que les nombreuses connexions qui nous permettent de maîtriser notre corps proviennent d'un acquis. Nous apprenons à marcher, nous apprenons à courir, à faire du vélo, à écrire. Nous apprenons à nous repérer dans l'espace et nous positionner dans notre environnement. Et tout ceci nécessite du temps, des essais et des erreurs. Il en est de même pour la sexualité. Les fonctions de base fonctionnent seules, mais leur contrôle nécessite un apprentissage. Une main peut servir pour caresser ou pour frapper.

Le meilleur moyen de séparer le vrai du faux est d'expérimenter. Il n'y a pas d'autre solution.

La faute des hommes

Comme :

  • ce qui devrait fonctionner de façon innée ne fonctionne pas;

  • malgré leur efforts, les femmes ont toujours aussi peu de plaisir dans le sexe matrimonial;

il y a forcément une autre cause et donc forcément un autre responsable.

Plusieurs interprétations se concurrencent, toutes étant sexistes :

  • L'homme, par réputation - sexiste -, est égoiste et, de ce fait, ne se soucie pas de savoir si la femme a du plaisir. Tant qu'il a du plaisir, cela lui est égal ou, dans le meilleur des cas, il s'imagine que s'il a du plaisir, la femme en a aussi.

    En conséquence, la femme insatisfaite est obligée de se masturber, car elle doit compenser un manque. L'homme ne comble pas ses attentes.

    Cette assertion est fausse. L'homme aime lorsque la femme a du plaisir. Et une femme qui n'a pas de plaisir, la femme frigide, est extrêmement frustrante et démotivante pour l'homme. Quitte à choisir, un homme préfèrera une femme qui a du plaisir à une femme qui n'en n'a pas.

    Si l'homme se satisfait d'une femme frigide, c'est parce qu'il est désemparé. Il ne sait pas comment l'aider car elle a des organes qu'il n'a pas. Il ne peut ni la conseiller, ni l'aider.

  • L'homme nie le désir de la femme par peur de ne pas être à la hauteur face à la demande importante en qualité et en quantité de sexualité féminine. Et il a donc mis en place une stratégie d'évitement par la répression du désir féminin.

    Là encore, cette assertion est fausse. Si l'homme a la réputation d'être un cochon, toujours prêt à avoir des relations sexuelles, pourquoi nierait-il le désir de la femme ? Au contraire, l'accepter serait la meilleure façon d'avoir des relations sexuelles fréquentes.

    On laisse entendre que les désirs et les besoins de la femme seraient supérieurs à ceux de l'homme et que ce dernier ne serait pas capable de les combler. les hommes qui se plaignent d'avoir une partenaire dificile à satisfaire en quantité sont assez rares. En général, c'est même plutôt l'inverse. les hommes se plaignent que les femmes ne sont pas assez portées sur le sexe.

  • La femme étant plus raisonnée que l'homme, elle n'a pas à perdre le contrôle de la situation. Si elle cède, c'est qu'elle a le diable au corps, qu'elle est pervertie.

Les hommes ne sont pas plus responsables de la situation que les femmes. Et il est contre-productif de vouloir systématiquement rejeter la faute sur les hommes. Cela ne ferait que cristalliser des tensions alors que le sexe doit permettre une rencontre. Faisons l'amour, pas la guerre.

Il existe un lien évident entre la méconnaissance des femmes de leur corps et leur incapacité à jouir. Du coup, incapables de guider leur partenaire, elles en attendent passivement tout… et le rendent responsable quand le plaisir n’est pas au rendez-vous. C'est un cercle vicieux qu'il faut rompre absolument.

Un problème de symétrie

Le plus gros problème de la femme est fondé sur une asymétrie dans la sexualité. Alors qu'il ne faut à l'homme que quelques secondes pour être prêt à un coït et quelques petites minutes pour atteindre l'orgasme, il faut compter 20 minutes de préliminaires chez la femme et un coït relativement long. Elle arrive donc moins souvent à l'orgasme que l'homme.

L'autre argument sexiste consiste à nier le besoin d'orgasmes de la femme. Les sexologues expliqueront que la femme n'a pas besoin de jouir pour être satisfaite d'une relation.

Là encore, il y a un décalage entre le propos et la réalité puisque les femmes sont très nombreuses à se plaindre de ne pas avoir d'orgasmes. Et, si elles devaient choisir, toutes préfèreraient avoir une relation sexuelle avec orgasme plutôt que sans. De ce côté, encore, les hommes et les femmes sont identiques.

L'asymétrie des préliminaires implique que les femmes n'atteignent l'orgasme durant un coït que dans 33 % des cas. Ce qui est peu.

A qui la faute ?

En premier lieu, aux femmes. Elles sont les premières concernées et les principales insatisfaites. Si elles ne s'expriment pas, rien ne changera.

En second lieu, aux hommes. C'est aussi aux hommes de vérifier que les femmes aussi ont du plaisir. La situation est paradoxale. Les femmes parlent beaucoup pour exprimer leur mal-être mais, lorsqu'il s'agit de dire qu'elles n'ont pas de plaisir, elles restent muettes. Est-ce pour éviter de froisser les hommes ? Est-ce pour éviter un sujet qui les ferait passer pour des "grosses cochonnes" ? Quoi qu'il en soit, si elles n'expriment pas leur mal-être, les hommes ne peuvent pas les aider.

Maintenant, nous sommes dans la situation où la femme décide enfin de parler de son absence de plaisir à son partenaire. Etant donné que ce dernier n'a pas les mêmes organes, il peut difficilement appréhender leur fonctionnement. C'est donc au possesseur de donner le mode d'emploi.

Or, dans 85 % des cas, la masturbation permet à la femme d'accéder à l'orgasme. Ce qui est nettement mieux que les 33 % de départ.

Clitoridienne ou vaginale ?

En réalité, la question ne se pose pas. Chaque femme est capable de jouir par le clitoris ou le vagin, puisque les deux sont liés. Tout dépend de la sensibilisation et de la dextérité.

Pour plus d'informations sur le fonctionnement du clitoris et de la différence clitoridienne/vaginale, consultez l'article sur le clitoris.

A-t-on plus de plaisir avec la masturbation ?

A chaque fois que nous mettons en place une nouvelle pratique, nous ne pouvons pas nous empêcher de comparer avec les autres.

La masturbation procure-t-elle plus de plaisir que le coït avec un partenaire ?

Ce n’est ni plus fort, ni moins fort, ni mieux, ni moins bien. Les sensations sont différentes. C’est autre chose, et les deux peuvent – doivent – coexister pour que l’on se sente totalement épanouie.

Combien de temps faut-il pour atteindre l'orgasme ?

Cela dépend des femmes, de la technique employée, de la dextérité, du contexte.

Comme pour l'homme, l'accès à l'orgasme peut être très rapide. Correctement stimulée, une femme peut l'atteindre en une à deux minutes.

Pourquoi se masturber ?

  • Pour le plaisir à deux : Le plaisir que l'on s'accorde soi-même participe grandement au plaisir que l'on pourra ressentir dans une relation à deux.

    C'est le seul moyen d'apprendre à se connaître sans tomber par hasard. Et une fois que la mécanique est connue, c'est le seul moyen d'apprendre à expliquer à l'autre comment on aime être caressée.

  • Pour une vie sexuelle plus active : Les études tendent à montrer que une femme qui se masturbe à tendance à avoir plus de relation sexuelles avec son partenaire.

    L'idée que la masturbation épuise l'âme et le corps est donc fausse. Elle donne un regain de vitalité à une sexualité défaillante.

  • Pour une vie plus épanouie : Les études tendent à montrer que une femme qui se masturbe à tendance à avoir une vie globalement plus épanouie.

  • Pallier un décalage temporaire de désir : lorsque la femme a un besoin que son partenaire ne peut pas satisfaire immédiatement, la masturbation permet d'abaisser la tension sexuelle et de diminuer la frustration.

Comment pratiquer ?

Apprendre à se connaître

Le plus gros problème du plaisir est avant tout un problème de connaissance. La plupart des femmes ayant des difficultés à atteindre l'orgasme seules ou en couple n'ont jamais observé leur vulve dans un miroir.

  1. Se saisir d'un petit miroir - et éventuellement d'une lampe - et s'observer, de voir à quoi cela ressemble. Petites et grandes lèvres, cliroris, capuchon, vagin. Avec l'expérience vous constaterez que chaque femme à un sexe unique.

  2. L'exploration visuelle ne sufit pas. Lorsque vous avez appris à vous connaître visuellement, il faut apprendre à ce connaître tactilement. Il faut toucher et reconnaître la texture, la sensation externe – humide/sec… – ou interne – contact agréable.

Une fois que vous savez à quoi vous ressemblez, vous pouvez vous caresser.

Se caresser

Avec les doigts

Jambes écartées en position allongée ou assise, commencez à explorer votre vulve par des caresses et des frottements. Ecartez bien les lèvres (grandes et petites) pour découvrir votre clitoris, situé à l'avant.

Préparez la zone en la caressant. Commencez par masser et caresser les grandes lèvres, le mont de Vénus et le repli entre les grandes et les petites lèvres.

Masturbation féminine : caresse des grandes lèvres
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Source : The Welcomed Consensus

Tags : masturbation vulve grandes lèvres

Continuez en massant et en caressant les petites lèvres.

Masturbation féminine : caresse des petites lèvres
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Source : The Welcomed Consensus

Tags : masturbation vulve petites lèvres

Humectez votre index ou votre majeur et caressez votre clitoris de haut en bas, d’avant en arrière ou effectuez un mouvement circulaire pour les plus sensibles. Déterminez le rythme qui vous procure le plus de sensations et maintenez-le jusqu’à l’orgasme.

Masturbation féminine : caresse du clitoris
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Source : The Welcomed Consensus

Tags : masturbation clitoris gland du clitoris

Certaines femmes n'aiment pas le contact direct avec le clitoris, trop brutal. Dans ce cas, elles pourront caresser le capuchon, ou masser les zones à proximité, ou bien enfermer le clitoris en le pinçant entre les grandes lèvres et masser.

Si vous vous sentez à l'aise, vous pouvez introduire un doigt dans le vagin et masser l'entrée.

Masturbation féminine : introduction d'un doigt dans le vagin
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Source : The Welcomed Consensus

Tags : masturbation vagin entrée du vagin

Avec un objet

Vous hésitez à utiliser vos doigts. Pas de soucis : Oreillers, couvertures, peluches, manche de brosse à cheveux... A vous de faire appel à votre imagination pour explorer les joies de la masturbation. Plus simple en s’allongeant sur le ventre, placez l’objet entre vos cuisses en effectuant un mouvement de va-et-vient pour obtenir un effet de frottement. Trouvez le rythme et la pression qui vous procurent le plus de plaisir.

Masturbation féminine : avec un oreiller
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Source : Jeune & jolie de François Ozon

Tags : masturbation clitoris oreiller

Masturbation féminine : avec un oreiller
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Source : yanks.com

Tags : masturbation clitoris oreiller

Avec un sex toy

Godemiché, vibromasseur ou stimulateur de clitoris : il est aujourd’hui facile de s’équiper en sex toys ! Cependant, plutôt que les gros godemichés qui font surtout fantasmer les hommes, les femmes préfèrent les petites vibromasseurs qu'elles peuvent glisser dans leur sac et enpporter partout.

Que vous soyez assise, allongée ou accroupie, l’utilisation du sex toy est d’une simplicité extrême et d’une efficacité redoutable ! L’idéal quand vous ne souhaitez pas faire d’efforts ou pour atteindre l’orgasme en 3 minutes. À l’aide de cet objet érotique, stimulez votre clitoris en le faisant vibrer ou en le maniant selon vos désirs. Seul inconvénient : le contact initial peut être froid.

Masturbation féminine et pornographie

La plupart des films pornograhiques pour mâles mettent en scène une femme se masturbant. Certains analystes évoquent un fantasme fondé sur la peur masculine de désirer être à l'origine du plaisir fémine, tout en ayant l'intuition de ne pas en être capable (la femme étant la mieux placée pour cela).

Mais cette interprétation est peut-être fausse.

La masturbation, qu'elle soit masculine ou féminine, est cachée. Rares sont les partenaires qui acceptent de se masturber devant l'autre. Il est donc rare qu'une femme se masturbe devant son partenaire. Et il est donc rare qu'un partenaire ait pu voir ou surprendre la femme en train de se masturber.

La masturbation reste donc un interdit du couple. Et comme tout interdit, il fait fantasmer. L'impression de surprendre une femme dans son intimité, la vraie. Un peu comme si nous suprenions les voisins faisant l'amour.

D'autre part, les scènes solitaires, qu'elles soient dans les films ou les pièces de théâtre, ont toujours existées. Elles permettent de rapprocher le personnage du spectateur afin de créer une intimité.

Les scènes de masturbations féminines ne sont ni plus ni moins que des shows privés, destinés au seul spectateur, sans intéraction avec les autres personnages. Et la femme qui jouit seule destine son plaisir à son spectateur en lui indiquant: Mes doigts pourraient être les tiens. Tu vois comme c'est facile.

Un homme qui surprend une femme en train de s'adoner à un plaisir coupable, voilà qui est excitant !

Loin d'être l'expression d'une peur, c'est au contraire, une invitation à oser franchir le pas; autoriser les hommes à entrer dans l'intimité des femmes. Comme les femmes ne le proposent pas, c'est à l'homme d'être incité à occuper le terrain. Si ça peut l'inciter à s'occuper avec plus d'attention du clitoris de sa partenaire, où est le problème ?